Assurance : Vrai/Faux sur le prêt hypothécaire

• J’ai un patrimoine immobilier, donc je peux forcément emprunter.

FAUX : La législation est très attentive sur ce point. Votre situation financière, votre solvabilité sont analysés avec soin avant de vous octroyer un prêt. Cette contrainte s’avère finalement être une véritable protection contre les forts déséquilibres budgétaires voire contre les situations de surendettement. Posséder un patrimoine immobilier va cependant vous permettre de proposer une garantie intéressante à l’organisme prêteur et faciliter la mise en place d’un prêt à des conditions très intéressantes.
Notez que le système anglo-saxon fonctionne au contraire sur la garantie que vous êtes capable de présenter sans se soucier de votre solvabilité. La faillite du système, la crise actuelle des subprimes, doit beaucoup à ce « laxisme ».

• Le prêt hypothécaire n’est pas affecté à un projet en particulier. Je peux l’utiliser librement.

VRAI : Si vous êtes un particulier et qu’il s’agit d’un projet privé, le prêt hypothécaire n’est pas ce qu’on appelle un prêt « affecté ».Vous pouvez utiliser les fonds débloqués à votre convenance. L’accord de l’organisme prêteur dépend uniquement de votre garantie immobilière.

FAUX : En revanche, si votre projet est d’ordre professionnel : achat de matériel, besoin de fonds de roulement, règlement de dette fiscale, achat de matériel, l’accord de prêt hypothécaire nécessite une affectation. De même, si vous êtes un salarié sur le point de devenir entrepreneur, la banque aura besoin de précisions sur la destination de vos biens et sur votre situation financière globale, tout simplement parce qu’il est difficile d’estimer la solvabilité des entrepreneurs et qu’il serait irresponsable, en France, d’octroyer un prêt hypothécaire sans vérification préalable de solvabilité.

• Le prêt hypothécaire est une sorte de « super prêt personnel ».

VRAI : Les prêts personnels classiques, les crédits consommation, les crédits auto… sont toujours destinés à un besoin précis et identifié. Le prêt hypothécaire, lui, est libre de toute affectation. L’emprunteur dispose à sa convenance de sa somme d’argent.

VRAI : D’autre part, contrairement au prêt classique, les taux d’intérêt des prêts hypothécaires sont particulièrement bas. Ceci s’explique notamment par le fait que la banque prend moins, voire aucun risque, avec une garantie immobilière et après l’analyse obligatoire des ressources de l’emprunteur.

VRAI : De plus, les prêts hypothécaires sont généralement accordés sur des durées plus longues. Les plans de remboursement s’adaptent aux ressources des emprunteurs. La banque est sécurisée par sa solide garantie immobilière.

VRAI : Enfin, le montant prêté peut être très largement supérieur à la limite légale de 15 000 € du prêt personnel.

• Le prêt hypothécaire en France, c’est la même chose que le prêt hypothécaire aux Etats-Unis.

FAUX : Le système de prêt hypothécaire français n’est pas du tout comparable à celui pratiqué aux Etats-Unis. Certes le principe de garantie sur un bien immobilier est bien le même, mais les conditions de mise en place sont très différentes !
Tout d’abord, contrairement aux banques américaines (avant la crise des « subprimes »), les banques françaises n’octroient de prêt hypothécaire que si elles acquièrent la certitude que vous êtes solvable sur le long terme (du fait de vos revenus réguliers et du fait de votre assurance de prêt).
Ensuite, il est avéré aujourd’hui que les causes de la crise sont imputées à la Banque centrale américaine qui a pratiqué des taux d’intérêt trop faibles pour attirer les clients. Cette politique a eu pour effet de gonfler la demande de biens immobiliers, incitant les personnes « à risques » à s’endetter au-delà du raisonnable.
De plus la crise des subprimes a révélé quelques abus dans la pratique de la titrisation. Elle consiste à transformer des valeurs peu marchandes en obligations par exemple, faciles à négocier et à échanger.. Mais la mauvaise qualité de ces titres, la mauvaise visibilité de la situation des débiteurs, a participé à l’effondrement du système.
Pour schématiser, la crise s’est révélée lorsque la cohorte d’épargnants s’est retrouvée dans l’impossibilité de rembourser ses prêts hypothécaires : le « château de cartes » s’est littéralement désuni du fait de la baisse des prix de l’immobilier.

Rassurez-vous ! La pratique du prêt hypothécaire français est tout à fait sécurisée. Avant de vous engager dans cette démarche, votre dossier est scrupuleusement étudié par la banque. Ainsi vous êtes deux à éviter de prendre des risques : la banque et vous-même.

• Le principe du prêt hypothécaire a été inventé aux Etats-Unis au cours du 20e siècle.

FAUX : Le principe du prêt hypothécaire, qui consiste à placer un bien immobilier en garantie d’un emprunt, est ancestral. Il existe depuis les premières civilisations. Il a simplement évolué au cours des siècles, différemment d’un pays à l’autre. Aujourd’hui, il est vrai que les pays anglo-saxons ont totalement généralisé le prêt hypothécaire (contrairement aux nations latines comme la France) et les conditions de sa mise en place sont beaucoup plus souples.

• J’ai contracté un prêt garanti par hypothèque pour acheter ma maison. Si je perds mon emploi, ma maison devient automatiquement propriété de ma banque.

FAUX : Certes le prêt hypothécaire consiste à mettre un bien immobilier en garantie d’un prêt. L’organisme financeur couvre ainsi son risque de défaut de remboursement. Mais en France il est rare d’en arriver aux extrémités dramatiques d’expropriation pure et simple vécues aux Etats-Unis au cours de l’année 2008 par exemple.
Non seulement les conditions d’obtention de prêts hypothécaires sont soumises à un contrôle sérieux en amont de la part des banques, mais les courtiers en prêt hypothécaire ont aussi pour mission de vous conseiller la solution la plus favorable à votre situation particulière.
Les prêts hypothécaires sont de plus systématiquement assortis d’une assurance qui couvre des risques de la vie : chômage, accidents, maladie
En cas de fort déséquilibre de votre budget, allant même jusqu’au surendettement, il existe des solutions qui peuvent permettre de préserver votre patrimoine : le rachat de prêt hypothécaire est l’une d’entre elles.

• Face à la crise, la France a décidé de mettre un frein au développement des prêts hypothécaires.

FAUX : Dans un rapport paru mois de novembre 2008, le Conseil d’analyse Economique (CAE) recommandait de développer le recours au prêt hypothécaire, arguant qu’il était largement sous-utilisé dans notre pays. Le CAE préconise donc d’encourager cette pratique, sans répéter les erreurs commises aux Etats-Unis, en baissant son coût notamment et en sortant la résidence principale du calcul de l’impôt sur la fortune.

« Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. »